Le mercredi 23 mars 2022, le promoteur de l’agence immobilière Soutra-Immo animait une conférence de presse pour faire part du problème foncier qui l’oppose au promoteur de la société Abdoul Services International. Au lendemain de cette sortie médiatique, les propriétaires terriens, ainsi que la société Abdoul Services ont rencontré également les professionnels des médias, afin de livrer leurs versions des faits.

D’emblée de jeu, la porte-parole de la société immobilière Abdoul Services international, Mariétou Sanou/Terra, reconnaît qu’il y a bel et bien un litige entre Soutra-Immo et sa société, mais ce litige concerne seulement 23 hectares sur les 195 hectares exploités par cette dernière (société Abdoul services) sur le site de Belleville. « Le litige ne porte pas sur le site dans son entièreté. Le site exploité par Abdoul services est de 195 hectares et le litige ne porte que sur une superficie de 23 hectares. Les propriétaires terriens ont réaffirmé que ce sont eux-mêmes qui nous les ont rétrocédés. Nous avons pris le chemin normal et habituel avec la mairie qui nous a fait le délibéré de cession », a-t-elle expliqué.

La porte-parole de la société immobilière Abdoul services, Mariétou Sanou/Terra

A l’en croire, les 23 hectares qui font objet de litige ont été librement cédés à leur société par les propriétaires terriens. Elle déplore ainsi l’attitude du promoteur de Soutra-Immo, Ousmane Traoré, puisque le dossier est encore en justice qui, seule peut désormais trancher. « Nous sommes aujourd’hui à une étape où seule la justice peut trancher sur les 23 hectares. Et nous attendons que la justice dise son mot. Mais cela n’empêche pas que les travaux se poursuivent sur les 195 hectares. La partie litigieuse est toujours un terrain nu on n’a pas entrepris des travaux là-bas », a rétorqué Mariétou Sanou/Terra. Contrairement à ce que le promoteur de Soutra-Immo avait indiqué. Qu’à cela ne tienne, la société Abdoul services dit se remettre à la justice pour la suite.

Les journalistes présents à la conférence de presse

Les propriétaires terriens tranchent en faveur de la société Abdoul services
Au cours de cette conférence de presse, les propriétaires terriens ont tenu à réagir également pour dénoncer ce qu’ils qualifient eux-mêmes de tromperie. Ils n’ont pas manqué d’apporter leur soutien au promoteur de Abdoul services. Si lors de sa conférence de presse, le promoteur de Soutra-Immo a insisté sur le fait que le site lui appartenait, les propriétaires terriens n’ont pas manqué de répondre par la négative. « Faux ! Le site ne lui appartient pas », ont-ils déclaré face à la presse.

Selon ces conférenciers, Ousmane Traoré n’a jamais acheté de parcelle avec eux. Et en ce qui concerne le protocole d’accord évoqué par le promoteur de la société Soutra-Immo lors de sa conférence, ces derniers ont répondu. « Il n’y a eu que des décharges, sinon Ousmane Traoré ne nous a jamais invité chez un notaire ni devant une quelconque autorité pour un document de cession de parcelles. Par contre, avec Abdoul services, les documents sont clairs, car ayant été signé devant un notaire », ont-ils précisé.

Laurent Sanou, l’un des propriétaires terriens

Une chose est sûre, Ousmane Traoré les a approchés en 2015 pour exploiter leurs terres. Au départ d’accord, les propriétaires terriens l’ont laissé raser leurs champs parce qu’ils croyaient, disent-ils, en sa bonne foi. « C’est tout désillusionnés que nous avons vu que depuis cinq ans, il n’y a eu aucun acte concret entre Soutra-Immo et nous les propriétaires terriens alors que nous ne cultivions plus sur nos terres. Nous avons faim, qu’est-ce que nous allons manger ? », s’est insurgé Laurent Sanou, l’un des propriétaires terriens.

Ces propriétaires terriens affirment que la société Soutra-Immo aurait fait du faux en écriture à travers les fiches de parcelles. C’est pourquoi ils auraient refusé de remplir lesdits documents. « Au lieu du secteur 29, il a mentionné sur lesdites fiches secteur 32. Pire, sur ces fiches, le P-DG de Soutra-Immo a même donné son prénom à notre quartier qu’il appelle Oussoudougou pour dire en dioula, le village d’Ousmane », ont-ils laissé entendre. Selon eux, ce sont toutes ces actions qui les ont poussés à rétrocéder leurs terres à Abdoul Services international.

Les différents documents ont été présentés au cours de la conférence de presse. Toutefois, ils disent ne reconnaître avoir d’accord qu’avec Abdoul services.